Depuis que je sais que ça y est, je vais enfin quitter la France pour m'envoler vers le Pérou je passe mon temps à glaner la moindre information sur Internet qui pourrait m'être utile pour mon voyage : avec quelle compagnie partir en avion, que prendre dans mes bagages à main, quels vêtements emporter, quels vaccins faire, etc. Cette décision s'est prise tellement vite que j'ai encore du mal à réaliser que c'est bien réel, j'ai à peine deux mois pour me préparer. Je dois arriver à Chiclayo au début du mois d'octobre, je rejoindrai mon chéri qui lui sera déjà arrivé depuis le début du mois de septembre.

Laissez-moi quand même vous parler de cette ville, ou du moins ce que j'ai lu à son propos : Chiclayo se trouve sur la côte ouest du Pérou, à environ 700 kms au nord de sa capitale Lima. C'est une des plus grandes villes du pays et elle ne se trouve pas loin de l'Equateur. Il n'y fait jamais moins de 15°C. Je pourrai vous en dire plus quand j'y serai et que j'aurai tout vu de mes propres yeux. J'ai tellement hâte de voyager dans tout le pays et le continent, découvrir différentes cultures et visiter les lieux les plus célèbres. Cependant je ne peux pas m'empêcher de ressentir une petite pointe d'appréhension, je ne suis jamais partie aussi loin aussi longtemps et je ne connais pas beaucoup le Pérou. Mes amis qui sont déjà partis là-bas et les voyageurs sur Internet m'ont mis en garde contre les voleurs, les faux taxis et les risques liés à la consommation d'eau du robinet (je n'ai pas spécialment envie d'attraper la tourista).

Je sais maintenant à peu près quoi mettre dans ma valise (vêtements formels pour mon travail, chaussures de randonnée et vêtements adaptés à des sorties en altitude, traitement pour le paludisme, etc.) et dans mon bagage à mains (vêtements de rechange, de quoi m'occuper pendant ce looong trajet, boules Quies pour dormir tranquilement, un cahier et un stylo pour noter mes impressions). J'ai aussi pris rendez-vous pour mes SIX vaccins (apparemment aucun n'est obligatoire, mais il vaut mieux prévenir que guérir) : fièvre jaune, hépatite A et B, rage, rappel DTP (important), typhoïde. Aïe mes bras. Aïe mon porte-monnaie car certains ne sont pas remboursés.

Afin d'en savoir un peu plus sur la ville j'ai tenté d'entrer en contact avec des habitants de Chiclayo via un groupe Facebook pour leur poser quelques questions sur la ville. Rien de bien folichon, juste savoir où je pourrais rencontrer des personnes de mon âge, s'il existait des ateliers cuisine et photo, s'il existait un site pour trouver un appartement ou une coloc'. Rien de plus, rien de moins. Depuis que j'ai posté ce message j'ai reçu une quinzaine de demandes d'ajout et de messages avec plus ou moins de sous-entendus, venant majoritairement d'hommes qui pensaient que je venais seule. Ce fut alors un festival de "Je peux t'aider ma belle, ma reine", "Je viens te chercher à l'aéroport", "On s'en fout que tu viennes pour faire prof t'aurais mieux fait de dire que tu cherchais un plan cul", "à quelle fréquence tu fais l'amour ? Parce qu'au Pérou c'est une catastrophe", "Tu as Whatsapp ? " et autres joyeusetés. On s'acharne même lorsque je ne réponds pas. Merci, mais non merci.

Je ne m'attendais pas à me retrouver face à une telle mentalité des hommes vis-à-vis d'une femme, je me suis peut-être montrée naïve en postant un tel message. On retrouve ce type de comportement un peu partout, je ne vais donc pas me formaliser d'autant plus que j'ai reçu de vraies réponses de personnes bienveillantes et qui désiraient vraiment m'aider. Je compte rester en contact avec ces quelques personnes en espérant pouvoir les rencontrer à  mon arrivée. Je me suis donc fait une petite idée de cette ville, je sais ce que je dois faire ou ne pas faire en tant que jeune femme européenne fraîchement débarquée dans le pays. Le conseil principal qu'on m'a donné est de ne faire confiance à personne. Si certaines personnes sont pleines de bonnes intentions, d'autres le sont beaucoup moins. Ce n'est pas des plus rassurant, mais au moins je suis prévenue.